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Comment les comptes du marché monétaire sont imposés en Suisse (2026)

Découvrez la fiscalité des comptes du marché monétaire en Suisse en 2026 : impôt anticipé, revenus, fortune et remboursement.

Fiscalité
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Introduction

Si vous détenez un compte du marché monétaire ou investissez dans des fonds monétaires en Suisse, vous percevez probablement des intérêts, et ces revenus sont imposables. La question que se posent la plupart des gens est simple : comment le système fiscal suisse les traite-t-il concrètement, et qu’avez-vous réellement à payer ?
En Suisse, la fiscalité des comptes du marché monétaire suit une logique claire, mais à plusieurs niveaux. Elle commence par un impôt anticipé de 35 % prélevé à la source, passe ensuite par votre déclaration fiscale annuelle et se termine, pour la plupart des résidents suisses, par un remboursement intégral de cet impôt, à condition que tout soit correctement déclaré. Il existe toutefois des nuances : l’impôt sur la fortune, les différences cantonales, ainsi que le traitement fiscal distinct entre les fonds monétaires et les comptes bancaires entrent aussi en jeu.
Ce guide vous explique l’ensemble de façon claire, précise et à jour avec les données 2026, afin que vous sachiez exactement où vous en êtes.

Qu’est-ce qu’un compte du marché monétaire ?

Un compte du marché monétaire est un type de compte de dépôt ou de placement qui génère des intérêts à partir d’instruments de court terme et à faible risque, tels que les bons du Trésor, les obligations à court terme et les prêts interbancaires. En Suisse, ces comptes sont proposés par les grandes banques et les gestionnaires d’actifs, et ils existent principalement sous deux formes :

1. Les comptes du marché monétaire bancaires

Ils fonctionnent de manière similaire aux comptes d’épargne à rendement élevé. Votre capital est déposé auprès de la banque, produit des intérêts et est protégé par la garantie suisse des dépôts jusqu’à 100 000 CHF.

2. Les fonds monétaires

Il s’agit de véhicules de placement collectif (OPCVM ou fonds domiciliés en Suisse) qui regroupent des capitaux et les investissent dans des instruments de dette à court terme. Parmi les exemples figurent l’UBS CHF Money Market Fund ainsi que des produits similaires proposés par Pictet et d’autres gestionnaires d’actifs suisses.
Les deux types génèrent un revenu de placement sous forme d’intérêts ou de distributions. En Suisse, ce revenu est imposable, notamment au titre de l’impôt anticipé suisse (Verrechnungssteuer) puis, en définitive, de l’impôt sur le revenu aux niveaux fédéral, cantonal et communal.
En date de mars 2026, le taux directeur de la Banque nationale suisse (BNS) est de 0 %, ce qui signifie que les rendements des placements monétaires en CHF restent modestes, généralement entre 0,05 % et 0,5 % pour les comptes bancaires, et légèrement plus élevés pour les fonds monétaires. Malgré ces taux bas, les règles fiscales continuent de s’appliquer dans leur intégralité.

L’impôt anticipé de 35 % : comment il fonctionne

L’élément le plus important à comprendre concernant la fiscalité des intérêts issus des placements monétaires en Suisse est l’impôt anticipé (Verrechnungssteuer). Il s’agit d’un impôt fédéral prélevé à la source sur les revenus de placement, y compris les intérêts versés sur les comptes bancaires et les distributions issues des fonds monétaires.
Le taux est de 35 %, et il est déduit automatiquement par la banque ou le gestionnaire du fonds avant que vous ne receviez le paiement des intérêts. Ainsi, si votre compte du marché monétaire génère 1 000 CHF d’intérêts, vous ne verrez que 650 CHF crédités sur votre compte. Les 350 CHF restants sont versés directement à l’Administration fédérale des contributions (AFC / ESTV).
Le point essentiel est le suivant : pour les résidents suisses, ce prélèvement de 35 % ne constitue pas un impôt définitif. Il s’agit d’un mécanisme de garantie destiné à lutter contre la soustraction fiscale. Si vous déclarez correctement vos revenus d’intérêts ainsi que les avoirs correspondants dans votre déclaration fiscale annuelle, vous avez droit au remboursement intégral de l’impôt anticipé retenu.
En règle générale, ce remboursement est imputé sur vos impôts cantonaux et communaux. En pratique, l’impôt anticipé fonctionne donc comme un acompte fiscal : vous déclarez le revenu, le montant retenu est porté à votre crédit, puis vous payez uniquement la différence nette en fonction de votre taux d’imposition marginal réel.

Que se passe-t-il si vous ne déclarez pas ces revenus ?

Si vous ne déclarez pas les intérêts perçus sur votre compte du marché monétaire, vous perdez votre droit au remboursement. Le prélèvement de 35 % devient alors une charge définitive. En plus de cela, vous pouvez vous exposer à des pénalités pour revenus non déclarés. Le système fiscal suisse repose sur un principe clair : la déclaration correcte est récompensée, tandis que l’omission est sanctionnée.

Déclaration des intérêts et imposition sur le revenu

Une fois que vous déclarez les intérêts issus de votre compte du marché monétaire, ceux-ci s’ajoutent à votre revenu imposable total et sont taxés selon votre taux marginal. En Suisse, le revenu est imposé à trois niveaux : fédéral, cantonal et communal. Le taux effectif combiné varie donc fortement selon votre lieu de résidence.
Pour déclarer ces revenus d’intérêts, vous trouverez généralement les montants pertinents sur votre relevé bancaire annuel ou sur l’avis de distribution du fonds. Les banques suisses sont tenues de fournir une attestation fiscale (Steuerausweis / attestation fiscale) indiquant l’ensemble des intérêts perçus ainsi que l’impôt anticipé retenu au cours de l’année. Ce document constitue votre principale référence pour remplir votre déclaration fiscale.
Voici un exemple simplifié du calcul de l’impôt sur les revenus de placement pour un résident genevois :
  • Intérêts bruts perçus : 2 000 CHF
  • Impôt anticipé retenu (35 %) : 700 CHF
  • Montant net reçu : 1 300 CHF
  • Montant déclaré dans la déclaration fiscale : 2 000 CHF (brut)
  • Taux marginal d’imposition sur le revenu (Genève, à titre d’exemple) : environ 30 %
  • Impôt sur le revenu effectivement dû : 600 CHF
  • Impôt anticipé remboursé : 700 CHF
  • Résultat net : remboursement de 100 CHF
C’est pour cette raison que déclarer correctement l’impôt sur les intérêts de votre épargne n’est pas seulement une obligation légale, mais aussi souvent un avantage financier. De nombreux résidents suisses obtiennent en pratique un remboursement net après le dépôt de leur déclaration.
Vous ne savez pas comment remplir votre déclaration d’impôt en Suisse ? Notre guide expliquant ce qu’est une déclaration fiscale et comment elle fonctionne en Suisse vous accompagne pas à pas tout au long du processus.

Fiscalité des fonds monétaires : quelle différence ?

Lorsque vous investissez dans un fonds monétaire plutôt que dans un compte bancaire classique, le traitement fiscal suit les mêmes principes généraux, mais avec quelques distinctions importantes.

Fonds monétaires domiciliés en Suisse

Pour les fonds domiciliés en Suisse, la société de gestion peut demander le remboursement de l’impôt anticipé fédéral suisse sur les revenus suisses perçus à l’intérieur du fonds. Le fonds distribue ensuite le revenu net, et les investisseurs reçoivent une attestation fiscale indiquant la distribution brute ainsi que tout impôt anticipé appliqué. Vous devez déclarer le montant brut dans votre déclaration fiscale et demander le remboursement de l’impôt retenu.

Fonds monétaires domiciliés à l’étranger

Si vous détenez un fonds monétaire domicilié à l’étranger, par exemple un fonds OPCVM luxembourgeois ou irlandais, l’impôt anticipé suisse ne s’applique pas au niveau du fonds. En revanche, les distributions que vous percevez restent imposables en Suisse au titre des revenus du capital. Vous devez donc les déclarer dans votre déclaration fiscale suisse. Si le pays étranger a retenu un impôt à la source sur la distribution, vous pouvez parfois en récupérer une partie au moyen du formulaire DA-1, selon la convention contre la double imposition applicable.

Fonds de capitalisation ou de distribution

Une idée reçue fréquente mérite d’être corrigée : choisir un fonds monétaire de capitalisation — c’est-à-dire un fonds qui réinvestit les revenus au lieu de les verser — ne supprime pas l’obligation fiscale. En Suisse, les revenus réinvestis sont également imposables. Le fonds déclare ces montants réinvestis à l’Administration fédérale des contributions, et vous devez les reporter dans votre déclaration fiscale. En pratique, le traitement fiscal reste globalement le même, que le revenu soit distribué ou capitalisé.

Impôt sur la fortune applicable aux placements du marché monétaire

Au-delà de l’impôt sur le revenu, la Suisse prélève également un impôt sur la fortune nette au niveau cantonal. Cet impôt s’applique à la valeur totale de vos actifs, y compris le solde de votre compte du marché monétaire ou la valeur de marché de vos parts de fonds monétaire, telle qu’elle existe au 31 décembre de chaque année.
Les taux de l’impôt sur la fortune varient selon le canton. À Genève, ils se situent généralement entre 0,149 % et 0,383 % sur la fortune nette dépassant le seuil de déduction personnelle (82 200 CHF par adulte en 2025/2026). À Zurich, le taux commence autour de 0,05 % et peut atteindre 0,30 % pour les patrimoines très élevés. Pour la plupart des investisseurs disposant d’avoirs modestes sur le marché monétaire, l’impact de cet impôt reste limité, mais il constitue malgré tout un coût réel à prendre en compte.
Point important : le solde de votre compte du marché monétaire ainsi que vos parts de fonds doivent être déclarés dans la section fortune de votre déclaration fiscale, et pas uniquement dans la section relative aux revenus. Le fait de ne pas déclarer vos actifs, même s’ils génèrent peu de revenus, peut entraîner des pénalités ainsi que la perte de votre droit au remboursement de l’impôt anticipé.

Et si vous êtes expatrié ou non-résident ?

Pour les expatriés vivant en Suisse, les règles sont les mêmes que pour les ressortissants suisses : vous devez déclarer l’ensemble de vos revenus et de vos actifs dans le monde, y compris les comptes du marché monétaire détenus à l’étranger. La Suisse impose les résidents sur leur revenu mondial. Un compte du marché monétaire détenu en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni doit donc également être déclaré.
Pour les non-résidents qui détiennent des comptes du marché monétaire en Suisse, l’impôt anticipé de 35 % constitue en principe un impôt définitif, sauf si leur pays de résidence a conclu avec la Suisse une convention contre la double imposition. En vertu de nombreuses conventions, les non-résidents peuvent demander un remboursement partiel de l’impôt anticipé suisse. Le montant récupérable dépend du traité applicable, mais il se situe souvent entre 15 % et 35 % de l’intérêt brut.
Si vous êtes titulaire d’un permis B et que vous percevez moins de 120 000 CHF par an, vous pouvez être imposé à la source. Dans ce cas, les revenus de placement provenant de comptes suisses restent soumis à l’impôt anticipé de 35 %, mais l’articulation entre cet impôt et l’impôt à la source peut devenir plus complexe. Il est donc souvent préférable de demander un avis professionnel pour éviter de payer plus que nécessaire.

Plus-values ou intérêts : qu’est-ce qui est imposable ?

L’un des points de confusion les plus fréquents concernant les comptes du marché monétaire tient à la distinction entre revenus d’intérêts et plus-values en capital.
Les intérêts générés par un compte du marché monétaire sont toujours imposables en Suisse. Ils sont traités comme un revenu ordinaire et s’ajoutent à votre revenu imposable total de l’année.
En revanche, les plus-values réalisées lors de la vente de parts de fonds monétaires avec bénéfice sont, en règle générale, exonérées d’impôt pour les investisseurs privés en Suisse. Si vous achetez des parts de fonds monétaire à 100 CHF et que vous les revendez à 102 CHF, le gain de 2 CHF n’est en principe pas imposable, à condition d’être considéré comme un investisseur privé et non comme un trader professionnel.
En revanche, si vous êtes qualifié de trader professionnel — notamment en raison d’une fréquence de négociation élevée, du recours à l’effet de levier ou du fait que l’essentiel de vos revenus provient du trading — les plus-values deviennent alors pleinement imposables. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre guide consacré à l’impôt sur les gains en capital à court terme en Suisse.
En résumé : les intérêts générés par votre compte du marché monétaire sont imposables. La plus-value réalisée lors de la vente de parts de fonds ne l’est généralement pas. En revanche, les revenus produits au sein du fonds restent, eux, imposables.

Comment déclarer les revenus du marché monétaire en Suisse

Déclarer correctement les revenus issus du marché monétaire devient simple une fois que l’on connaît les étapes à suivre. Voici la marche à suivre :

Étape 1 — Rassembler vos attestations fiscales

Votre banque ou votre gestionnaire de fonds vous remet chaque année une attestation fiscale (Steuerausweis) indiquant les intérêts bruts perçus ainsi que l’impôt anticipé retenu. Vous devez réunir ces documents pour l’ensemble de vos comptes et fonds. Les relevés bancaires et les attestations de titres font partie des pièces couramment utilisées pour déclarer les revenus et les avoirs en Suisse.

Étape 2 — Déclarer les intérêts bruts

Dans votre déclaration fiscale cantonale, vous devez inscrire le montant brut total des intérêts dans la section des revenus. Il ne faut pas déclarer uniquement le montant net effectivement reçu après retenue. En Suisse, les revenus de placement doivent être déclarés dans la déclaration fiscale annuelle.

Étape 3 — Déclarer le solde du compte ou la valeur du fonds

Dans la section relative à la fortune, vous devez déclarer le solde de votre compte du marché monétaire ou la valeur de marché de vos parts de fonds au 31 décembre. Cette déclaration est nécessaire pour le calcul de l’impôt sur la fortune, que les cantons et les communes prélèvent également.

Étape 4 — Demander le remboursement de l’impôt anticipé

Dans la rubrique consacrée à l’impôt anticipé, vous indiquez le montant retenu à la source. Celui-ci sera ensuite imputé sur vos impôts cantonaux et communaux, et tout excédent éventuel pourra vous être remboursé, selon votre situation fiscale.

Étape 5 — Utiliser le formulaire DA-1 pour les fonds étrangers

Si vous détenez des fonds monétaires étrangers et qu’un impôt à la source étranger a été prélevé, vous pouvez devoir compléter le formulaire DA-1 afin de demander une imputation sur votre charge fiscale suisse, lorsque cela est prévu par la convention applicable.
En règle générale, vous disposez d’un délai limité pour déposer votre déclaration fiscale, et ce délai figure directement sur les formulaires ou instructions de votre canton. Si vous avez besoin de plus de temps, vous pouvez demander une prolongation. Le portail officiel ch.ch précise qu’en Suisse, le délai est indiqué sur les documents cantonaux et qu’une demande d’extension est possible.

Conseils fiscaux pour les investisseurs du marché monétaire

Même si les comptes du marché monétaire ne figurent pas parmi les placements les plus complexes sur le plan fiscal, quelques bons réflexes peuvent faire une vraie différence :

1. Déclarez toujours vos revenus, même faibles

En Suisse, il n’existe pas de seuil minimum en dessous duquel les intérêts seraient dispensés de déclaration. Même 10 CHF d’intérêts doivent être déclarés. L’avantage est que vous pouvez aussi récupérer l’impôt anticipé de 35 % retenu sur ce montant, à condition de le déclarer correctement. La restitution de cet impôt est soumise à une demande dans le délai légal, qui expire en principe trois ans après la fin de l’année civile au cours de laquelle le revenu est devenu exigible.

2. Tenez compte de votre canton

Le taux effectif d’imposition sur les intérêts varie fortement d’un canton à l’autre. Genève, Vaud et Zurich n’appliquent pas les mêmes taux d’impôt sur le revenu ni sur la fortune. Si vous envisagez un placement important sur le marché monétaire, l’impact fiscal cantonal mérite donc d’être pris en compte dans votre stratégie.

3. Utilisez le pilier 3a pour une épargne fiscalement avantageuse

Si votre objectif est d’obtenir un rendement sur une épargne de court ou moyen terme tout en limitant votre charge fiscale, il peut être judicieux de maximiser d’abord vos versements au pilier 3a. Le montant maximal déductible officiellement confirmé pour une personne salariée est de 7 258 CHF. Les sommes versées dans le pilier 3a réduisent votre revenu imposable, et les rendements générés dans ce cadre bénéficient d’un traitement fiscal avantageux jusqu’au retrait.

4. Conservez vos justificatifs pendant au moins trois ans

Gardez vos attestations fiscales, relevés bancaires et documents de fonds pendant au minimum trois ans. En pratique, cette durée correspond au délai général pour faire valoir votre droit au remboursement de l’impôt anticipé. Sans pièces justificatives complètes, la demande peut être refusée ou retardée.
Vous souhaitez réduire davantage votre charge fiscale globale ? Notre article sur le fonctionnement des allégements fiscaux en Suisse présente l’ensemble des déductions et crédits d’impôt accessibles aux résidents.

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FAQ

Oui. Les intérêts perçus sur un compte du marché monétaire en Suisse sont soumis à l’impôt anticipé de 35 % prélevé à la source et doivent être déclarés comme revenu dans votre déclaration fiscale annuelle. Les résidents suisses qui les déclarent correctement peuvent récupérer cet impôt anticipé de 35 % et ne paieront, au final, que leur taux marginal effectif d’imposition sur le revenu sur les intérêts perçus.

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Élodie Rochat

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